Démographie et géographie

Bamena, modeste village du début de son existence, s'est rapidement transformé au fil des ans

Dès l'intronisation du premier chef s'est amorcée une vigoureuse lutte pour la quête de l'espace vital, et seule la colonisation française au lendemain de la première guerre mondiale réussira à tempérer l'ardeur guerrière et expansionniste de la population. Le village épouse alors à peu près sa configuration actuelle. Sur le plan administratif, Bamena est une chefferie de 2ème degré. En 1987, l'arrêté préfectoral N° 202/ AP / F36 / BRP / 2 consacre la création de 6 chefferies de 3ème degré. Il s'agit de : Foplouh, Louh, Pozou, Lagwe, Bangwe et Chouplang.

La population assez faible, augmente au fils des ans malgré son instabilité dans l'espace. Mais l'entrée en lice des colonisateurs occidentaux, l'instauration des travaux forcés, et les traumatismes sécrétés par les troubles politiques des années 60 vont perturber durablement l'évolution de cette population, constamment saignée à vif par une émigration forcée.

De nombreuses zones d'accueil des immigrés parsèment tout le territoire National avec une nette prédominance des principaux pôles de développement que demeurent encore les villes (Douala, Yaoundé...) et les zones rurales aux immenses potentialités agricoles ( Moungo, Foumbot... )

La population connaît alors une évolution en dents de scie pendant de longues années. Mais depuis les luttes pour l'indépendance, elle ne cesse de décroître. De 5527 habitants en 1967, elle est passée à 5010 habitants en 1976, soit un taux d'évolution annuelle de -0,1%. En 1987, elle n'atteint que péniblement le chiffre de 4199 âmes. Les jeunes, les femmes et les vieux en constituent les plus forts contingents, l'aventure migratoire absorbants tous les grands adolescents et les jeunes adultes.

Le paysage bocager n'est plus qu'un lointain souvenir. L'habitat dispersé perdu dans des concessions aux formes et aux superficies variables ceinturées de haies vives a disparu. Les regroupements de la population le long de la provinciale N° 15, véritables camps de concentrations se sont révélés comme l'unique parade administrative à l'insécurité de la période de l'indépendance. Touta Louh, Chouplang, Louh hérites de cette époque héroïque, petites bourgades juxtaposées, éclatent de plus en plus au profit des retours timides à l'habitat dispersé et autres petits regroupements plus disparates le long des pistes de desserte ou nettement imposant (Cas de Ngnou). Les conditions de vie s'y améliorent constamment.

L'habitation a perdu son aspect traditionnel d'antan. Les maisons en briques de terres ( cuites ou non cuites ), en parpaings, aux toits en tôles ondulées ont remplacé les pittoresques cases en pisé aux toits coniques recouverts de chaume. Depuis une vingtaine d'années, le retour aux sources des Bamena de la diaspora a également modifié le paysage rural. Des somptueuses villas et autres imposants immeubles se dressent fièrement au sommet des collines ou colonisent les abords des pistes desservant le terroir. Malgré la crise économique, Bamena garde l'aspect d'un chantier dans certaines zones.

Toute cette métamorphose s'explique en grande partie par le bitumage de la Nationale N°4 et de la provinciale N°15, véritables catalyseurs du retour aux sources pour la communauté Bamena. Occupant une position stratégique, parce que point de jonction de principales voies de communication routières de l'Ouest-Cameroun et assez proche des principaux pôles de développement du territoire National, le Groupement Bamena a bénéficié dans un temps record de nombreux investissements immobiliers, de l'amorce appréciable d'implantation d'infrastructures socio-culturelles et industrielles, de la floraison des comités de développement dans les quartiers (Ngnou,Toula), du retour définitif d'émigrés de toutes les catégories sociales. Une animation permanente plus impressionnante pendant le week - end constitue, à n'en point douter, un autre indice de cette situation fort prometteuse.

Tout un chacun peut se rendre à l'heureuse évidence qu'il fait de plus en plus bon vivre à Bamena. Alors, à quand votre prochaine et palpitante randonnée en ce territoire valonné, chaleureux et pittoresque ?