Le cadi : une juste purification ou une pratique satanique (1/3)

Dans une brochure de 55 pages intitulée "Le cadi : une juste purification ou une pratique satanique", Le pasteur proposant de l'Eglise évangélique, Sadrack Djokou jette un regard critique sur la pratique du cadi et tente de répondre à la question de savoir si elle est compatible avec le christianisme.

Dans un premier ensemble de trois chapitres, il dégage les différentes phases du phénomène. Pour l'auteur, le but premier et apparent du cadi est l'assainissement des moeurs dans une société confrontée à des difficultés diverses. Les enjeux financiers semblent avoir altéré cet idéal. L'épreuve du cadi obéit à un ensemble de rituels séculaires.

INTRODUCTION

Le "tchetchek" consiste à invoquer par les chants et les danses rituels les esprits de morts. Le contact avec ces esprits ébranle dans tout un chacun, les dénonciations de tous les êtres à l'esprit démoniaque. Malheureusement, ce défoulement se fait sur fond d'intrigues, les officiants ou "Ngankang" n'agissant que sur renseignement.

Le crachat rattache le communiant spirituellement et physiquement aux esprits des morts.

Les statues mâle et femelle que l'on traverse sont des esprits absorbants servant à neutraliser les esprits maléfiques.

Le sac avec lequel le "Ngankang" vous tapote le front sert à réveiller en vous tous les esprits qui vont assurer le contrôle de tout votre être.

Le chien noir que l'on frappe est le symbole du monde mystique et pervers dans lequel nous vivons. Ce chien enterré par la suite vivant, représente le lien qui existe entre le communiant et les esprits maléfiques.

Le liquide mystique que boit le communiant lui ouvre les portes du monde des esprits et scelle son adhésion à leur sollicitation.

Dans le second volet de son fascicule, l'auteur se pose des questions sur le cadi, qu'il analyse à la lumière des données bibliques.

Le but initial du cadi, constate-il est d'enrayer le mal dans la société. Malheureusement, après sa pratique, rien n'est réglé. Les gesticulations des officiants ont créé un climat de haine, de suspicion. Les dénonciations, l'une des bases du cadi, s'apparentent à la diffamation. Tout événement qui survient dans la société n'est plus expliqué que par ce phénomène.

Le cadi laisse donc une société incertaine, un individu diminué, apeuré, miné par une angoisse profonde ; coupable devant Dieu qu'il a abandonné au profil des forces occultes. Si le chemin est celui-là qui a abandonné toute sa vie mondaine et pécheresse, qui a entièrement donné sa vie à Jésus, considérant son corps comme le Temple du Saint Esprit (Cor.6:19), il ne doit pas prendre part au cadi qui relève d'un monde obscur et dangereux.

Malheureusement, souligne M. Djokou, le chrétien, inquiet et ne trouvant pas de réponses à tous ses problèmes dans l'Eglise, va chercher refuge dans le cadi. L'Eglise s'est ainsi révélée irresponsable devant l'enjeu social au milieu duquel elle se trouve. Le pouvoir d'exorciser le mal lui a manqué et le pas vers satan est vite franchi par le fidèle. Devant la souffrance et la misère de l'homme, elle semble se dérober de ses objectifs spécifiques ; elle s'égare, laisse la possibilité à l'homme de chercher son salut n'importe où et n'importe comment. Elle se doit de reprendre foi en son oeuvre.

Le dernier chapitre interpelle tout adepte du cadi à entreprendre une action de libération et de purification en se réconciliant avec Dieu. Il doit revenir à son créateur et lui confier toutes ses appréhensions et toute sa vie.

Au total, le Pasteur Proposant Djokou de l'E.E.C met en relief les nobles objectifs du cadi originel, à savoir : extirper le mal, purifier et assainir la société. Mais déplore la transformation de cette thérapeutique collective en messe noire, les intérêts bassement matérialistes y étant pour beaucoup. Le chrétien, égaré dans cette voie satanique se doit de renouer avec Dieu.